14.5.05

Souvenez-vous... en 1975.


Quand l'Inde s'invite avec l'Occitanie à St Alban Auriolles.

Souvenez-vous. Woodstock, Ravi Shanhar tout a commençé là. Puis vint Shakti.
Grand pionnier du métissage musical, le groupe Shakti s'est formé en 1975 autour du guitariste anglais John McLaughlin et du joueur de tablas Zakir Hussain. Ces virtuoses ont non seulement créé la rencontre entre jazz et tradition indienne, mais aussi la confrontation entre musiques du Nord et du Sud de l'Inde.

Souvenez-vous Shakti
L'histoire de Shakti commence en 1975, alors que John Mc Laughlin -l'un des plus célèbres guitaristes du moment- vient d'arrêter le Mahavishnu Orchestra en pleine gloire.

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2 commentaires:

Anonyme a dit…

Si vous voulez vous prendre une grosse baffe, il faut aller voir la formation actuelle de John Mc Laughlin qu 'on ne présente plus evidemment.
Il joue avec un jeune prodige indien qui est réellement hallucinant.
J 'ai eu l 'immense chance de les voir l 'autre jour à Toulouse et je ne m 'en suis toujours pas remis.
En arrivant ils s 'asseoient par-terre et se mettent une couverture sur les genoux.
Je me suis dit alors : pourvu que ça ne soit pas trop lent.
Que dalle !
Les deux percussionnistes attaquent d 'entrée comme des psychopates et les deux gratteux rivalisent de virtuosité en vous sortant des gammes venues de l 'espace.
J 'ai assisté impuissant à ce spectacle de fou avec de la bave aux coins des lèvres.
En sortant, j 'ai mangé une cigarette au lieu de l 'allumer.
Parfois je m 'évanouissais.
D 'autre fois je broyais le bras de ma copine en croyant malaxer l 'accoudoir.
Enfin : j 'ai failli bruler ma guitare en arrivant chez moi.
Ces gens vous dégouteraient d 'en jouer de toutes facons.
Si vous avez aimé lorsqu 'il jouait avec paco de Lucia et Al Di Méola, il vous faut vous précipiter pour acheter ce CD : ca n 'a absolument pas baissé de niveau contrairement à certains artistes "vieillissants" comme Iggy Pop par exemple qui a tendance à se ramollir avec l 'âge.

A bon mélomane , salut.

Gourgounel a dit…

Souvenez-vous Shakti
L'histoire de Shakti commence en 1975, alors que John Mc Laughlin -l'un des plus célèbres guitaristes du moment- vient d'arrêter le Mahavishnu Orchestra en pleine gloire.

Avec le Mahavishnu, Mc Laughlin avait bâti un jazz rock très populaire, mais devenu trop commercial au goût des fans de la première heure. Et, à la suite de cette expérience très électrique, le guitariste était en quête d'autre chose. A New York, il se lie d'amitié avec Zakir Hussain, virtuose des tablas. Ils s'adjoignent deux musiciens du Sud de l'Inde : le violoniste L. Shankar et T.H Vinayakram, joueur de ghatam (percussions), et forment "Shakti", un groupe dont le nom signifie tout à la fois "L'intelligence, la beauté et la puissance".

Au début, les maisons de disques et les producteurs sont plutôt réticents et peu sensibles à l'originalité de cet ensemble où se rencontrent pour la première fois la musique carnatique du Nord de l'Inde (très formelle) et le style hindoustani du Sud (plus contemporain et ouvert), le tout lié par une couleur jazz. Le danger était de compromettre les genres en les croisant mais Shakti évite brillamment l'écueil.

Pourtant, à l'origine, Shakti a suscité nombre de critiques, tant dans les milieux du jazz (peu optimistes sur la validité commerciale du projet) qu'en Inde. Zakir Hussian, fils du grand Ustad Allarakha -musicien traditionnel (voire traditionaliste)- a dû affronter la désapprobation paternelle. "Mon père voyait cette aventure d'un mauvais oeil, raconte Zakir. Il était inquiet que je puisse perdre mes racines. J'ai dû le convaincre du contraire, et pour prouver ma sincérité, je lui ai promis de donner des concerts de musique classique indienne à travers tout le pays et de ne jouer d'autres styles que durant mon temps libre. Résultat, aujourd'hui, je passe 80% de mon temps à interpréter de la musique classique". Discipline, dont il est l'un des solistes les plus recherchés à l'heure actuelle, tant pour son intelligence musicale et sa vitesse d'exécution que pour sa science rythmique.

"Quand je joue avec John, je n'ai pas l'impression de jouer avec un musicien occidental, poursuit Zakir, mais avec un Indien, croyez-le ou non. John a pris le temps d'étudier la musique classique indienne et comprend comment nous fonctionnons. Je n'ai jamais eu l'impression de travailler avec une personne étrange, issue d'une autre tradition".

Il faut dire que l'attrait du jazzman pour l'Inde remonte aux débuts des années soixante, quand McLaughlin, âgé d'une vingtaine d'années, découvre la culture et les religions indiennes. "Curieusement, je n'ai découvert la musique de ce pays que bien des années plus tard, raconte-t-il. Et sa beauté m'a foudroyé". D'où l'irrépressible envie de partir dans un voyage musical aux chemins non défrichés.Pour John McLaughlin, la force de Shakti réside dans le balancement entre les équations mathématiques des rythmes indiens et le chaos du jazz.

Pour Zakir Hussain, le secret se trouve peut-être ailleurs, comme il peut être là également, qui sait ? Finalement, l'important est le tangible, ces trois disques lumineux que le quatuor a gravés entre 1975 et 1977.A l'automne 1997, cinquantenaire de l'Indépendance de l'Inde oblige, le groupe se reforme lors d'une tournée. Les deux membres fondateurs s'entourent de deux jeunes musiciens éblouissants : U. Shrinivas à la mandoline et V. Selvaganesh aux ghatam, kanjira et mridangam. Le résultat donne lieu à un double live "Remember Shakti". Le plaisir de rejouer ensemble et de travailler avec leurs brillants nouveaux associés poussent Zakir Hussain et John Mac Laughlin à poursuivre l'aventure à travers une tournée et un nouvel album, "The believer", dédié à la mémoire de Ustad Allarakha (le père de Zakir) décédé en février 2000.

Magali Bergès