25.8.07

Bouffons à l’ancienne. Les Monts du Reuil.

C’est une histoire qui fait sourire aujourd’hui. Nous sommes en 1752 à Paris. La troupe italienne des Bouffons vient de représenter l’opéra de Pergolèse « La servante maîtresse ».

Jean-jacques Rousseau applaudit à l’opéra italien. Les partisans de l’opéra français, illustré par Rameau, ripostent.



Labeaume en Musiques, 23 août 2007 : la troupe « Les Monts du Reuil » s’immisce dans la querelle. Musiciens, ils joueront cette musique italienne abhorrée, mais en jouant faux, de guingois, bref, un sabotage en règle.

Pari risqué que de mélanger jeu théâtral et interprétation musicale, de juxtaposer histoire avec un grand H à travers les discours passionnés de Rousseau et D’Alembert et l’interprétation de Lully, Rameau ou Pergolèse.

Pari réussi pour ces jeunes dont on ne sait s’il fait parler de troupe d’acteurs ou d’ensemble musical. Avec eux, les Bouffons se retirent de Paris puis y reviennent et Rousseau, tout en rendant hommage à la musique instrumentale de Rameau, reconnaît la langue italienne comme la seule qui convienne au chant.



La troupe se fait pédagogue pour illustrer les propos des philosophes concernant les diverses manières de conduire un récitatif, mais le plaisir vient surtout de la musicalité des interprétations. Mention spéciale pour Benjamin Alunni, jeune baryton plein de talent. A ses côtés la violoncelliste Pauline Warnier et la claveciniste Hélène Clerc, aussi solides dans la basse chiffrée que brillantes dans les rares moments où les violons leur concèdent la vedette. Aux violons baroques Anne-Violaine Caillaux et Marie-Aude Guyon.
Beau spectacle mis en scène par Christian-David Meslé et très apprécié par un public un peu restreint mais enthousiaste.

Les absents ont toujours tort…

Jean Férole, texte et photos

2 commentaires:

Gourgounel a dit…

Ahhh, si j'avais su...

Gourgounel a dit…

Beau panoramique, Jean.